Les relations économiques bilatérales [vi]

Les relations économiques et commerciales franco-vietnamiennes s’inscrivent dans le cadre du partenariat stratégique bilatéral conclu en septembre 2013.

Situation économique du Vietnam

6e économie d’Asie du Sud-Est, le Vietnam est l’un des pays ayant l’économie la plus dynamique au monde. En 2019, la croissance du PIB s’élevait à 7% et, malgré la crise du COVID, elle s’est maintenue au-delà des 2% en 2020. Cette croissance est soutenue par un commerce extérieur dynamique, une politique monétaire efficace et une consommation intérieure en expansion.

L’économie du Vietnam est très ouverte (ratio COMEXT/PIB : 200%) : membre de l’ASEAN en 1995, de l’OMC en 2007, de l’ASEAN Economic Community en 2015, le Vietnam est engagé dans plusieurs ALE de nouvelle génération (entrée en vigueur du CPTPP en janvier 2019, entrée en vigueur en août 2020 de l’ALE et de l’API UE/Vietnam, signature du Regional Comprehensive Economic Partnership en 2020). Avec 14 ALE en vigueur en 2020, le pays fait partie d’un vaste réseau économique de 59 partenaires, dont 15 membres du G20 et autres économies émergentes. En matière monétaire, l’inflation est depuis 2015 à moins 4% (plafond fixé par l’Assemblée Nationale). La devise vietnamienne apparaît stable.

La consommation est le nouveau moteur de l’économie, portée par l’émergence d’une classe moyenne qui représente 13% de la population. Elle devrait atteindre 50% en 2035 selon les projections de la Banque mondiale. Le dynamisme de l’économie vietnamienne s’accompagne d’une amélioration du climat des affaires grâce à d’importantes réformes structurelles – secteur bancaire, entreprises d’Etat, simplification administrative. Ces résultats ont été salués en 2018 par Fitch et Moody’s qui a relevé la notation du Vietnam (de BB- à BB avec perspectives stables et de B1 à Ba3 avec perspectives stables).

La politique du Doi Moi (« renouveau »), engagée en 1986, a permis au Vietnam d’importantes réformes de modernisation et de se développer rapidement : l’extrême pauvreté est passée de 50% en 1990 à moins de 2% aujourd’hui et le pays a rejoint la catégorie des pays à revenu intermédiaire en 2010. Il est passé d’une économie agricole (18% PIB) à une économie dominée par l’industrie (37%) et les services (45%). Ce modèle de croissance centré sur l’industrie et le commerce extérieur, a des faiblesses notamment une faible productivité du travail avec beaucoup d’activités manufacturières à faible valeur ajoutée. Ces activités industrielles sont souvent destinées à la réexportation et sont opérées en majorité par des entreprises étrangères. 25% des exportations vietnamiennes sont ainsi attribuables à Samsung. L’enjeu pour le pays est double : favoriser la montée en gamme de l’économie et renforcer les liens entre les IDE et le tissu économique local.

Le pays doit faire face à de nouveaux défis avec une dette publique qui a augmenté ces dernières années (jusqu’à 61,4% en 2017). Le gouvernement a entrepris un plan de consolidation fiscale conjuguant baisse des dépenses de fonctionnement, augmentation de l’assiette fiscale et meilleure allocation des investissements publics. Le déficit budgétaire a ainsi été ramené à 3,5% du PIB en 2017 et se serait élevé à 3,7% en 2018.

Les défis de politique publique sont la maitrise des finances publiques, l’investissement dans les politiques publiques et la vulnérabilité au changement climatique.

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Chantier de construction de la ligne n° 3 du métro de Hanoi financé notamment par l’AFD et le Trésor
© MEAE/Frédéric de la Mure

Depuis, les deux pays se sont entendus sur le caractère essentiel du renforcement de leur relation économique, notamment à la faveur de la visite du Président de la République française en septembre 2016.

Relation économique franco-vietnamienne

En 2020, la France est le 18ème client du Vietnam (1,2% des exportations vietnamiennes) et son 20ème fournisseur (0,6% des importations vietnamiennes). Le Vietnam reste un partenaire commercial secondaire pour la France, en étant son 50ème client (0,23% des exportations françaises) et son 20ème fournisseur (1% des importations françaises). En 2020, nos exportations vers le Vietnam s’élèvent à 0,9 milliard d’euros (-40% par rapport à 2019, dans le contexte de la crise du COVID) et nos importations à 5,4 milliards d’euros (-4,7%).

JPEGLes résultats des échanges commerciaux entre la France et le Vietnam s’inscrivent dans un contexte de baisse mondiale de l’activité et des échanges et reculent (après avoir progressé de +8,8% en g.a sur l’année 2019) pour atteindre un montant total de 6,3 milliards d’euros, contre 7,2 en 2019, soit une réduction de -12,7% en glissement annuel. Cette baisse de la valeur totale des échanges s’inscrit dans une réduction drastique des échanges commerciaux mondiaux suite à la crise du Covid pénalisant l’ensemble des moteurs du commerce mondial. La baisse des exportations est plus marquée que celle des importations et le déficit commercial de la France s’accentue (4,4 milliards d’euros).

Sur l’ensemble de l’année, les exportations françaises vers le Vietnam s’élèvent à 0,9 milliard d’euro, en forte baisse de -40%. Ces résultats s’expliquent principalement par l’arrêt des livraisons des matériels de transport (-92,7% en g.a), essentiellement des livraisons d’Airbus en provenance de France. Afin de mettre en perspectives ces chiffres, il faut rappeler que les échanges de biens provenant de France se replient vis-à-vis de l’ensemble des régions/continents et les exportations les plus affectées sont notamment celles vers l’ASEAN

En 2020 les exportations se concentrent sur 4 secteurs clés (66% du total) :

  • Les produits pharmaceutiques dont les exportations s’élèvent à 290 M EUR, en hausse de +10,3% en g.a. Leur forte progression en proportion est aussi à souligner : ces exportations représentent désormais 30% du total contre 16% en 2019 (263 M EUR).
  • Les produits des industries agroalimentaires (IAA) dont les exportations s’élèvent à 147 M EUR, en baisse de -10% en g.a., soit 15,3% de nos exportations totales.
  • Les produits chimiques, parfums et cosmétiques pour un montant de 135 M EUR, en hausse de +9,3%, soit 14% de nos exportations vers le Vietnam.
  • Les exportations de machines industrielles et agricoles s’élèvent à 67 M EUR, soit une forte diminution de -41,7% en g.a., et représentent 7% de nos exportations.

Au Vietnam, l’aéronautique est le secteur qui contribue le plus à la forte baisse des exportations françaises (-93% en g.a) tandis que les secteurs pharmaceutique (+10,3%) et agroalimentaire (-10%) résistent nettement mieux.

Les importations françaises en provenance du Vietnam ont diminué de -4,7% en g.a sur l’année, à 5,4 Mds EUR. La structure de nos importations reste identique aux années précédentes, se concentrant sur deux secteurs traditionnels : le textile-habillement et l’électronique (téléphones/smartphones3, suivis des ordinateurs).

Selon les statistiques vietnamiennes, la France est le 2ème investisseur européen et le 15ème investisseur mondial au Vietnam fin 2018 avec 3,7 Mds USD d’IDE (en stock). 2/3 des investissements français sont dans le secteur des services, un cinquième dans l’industrie (eau, gaz et électricité), 7% dans l’agriculture et 5% dans la distribution.

Près de 200 entreprises françaises sont présentes au Vietnam.

Perspectives et opportunités

Perspectives et opportunités économiques pour la France au Vietnam

  • L’accès à de nouveaux marchés avec l’entrée en vigueur le 1er août de l’accord de libre-échange UE/Vietnam (EVFTA). Cet accord fait du Vietnam le deuxième pays d’Asie du Sud-Est à avoir conclu un traité commercial avec l’Union européenne, après Singapour. L’EVFTA pourrait accroître les exportations du Vietnam vers l’Union Européenne de 42,7% en 2025 et 44,37% en 2030. Pour rappel, le Vietnam fait aussi partie du CPTPP avec les pays d’Asie-Pacifique, depuis décembre 2018 et du RCEP avec 14 voisins asiatiques, depuis novembre 2020. Ensemble, ces trois accords couvrent environ 81% des flux commerciaux du Vietnam en 2020.
  • L’émergence d’une classe moyenne vietnamienne qui devrait atteindre 50% de la population d’ici 2035 selon la Banque Mondiale, et devrait s’accompagner de nouveaux comportements de consommation.
  • Le vieillissement rapide de la population vietnamienne. La part des plus de 65 ans va doubler en moins de 20 ans (de 6,7% aujourd’hui à 14,4% en 2035), une tendance qui se traduira par de nouveaux besoins en infrastructures et matériels de santé.
  • Une forte demande en infrastructures : les besoins sont estimés à 20 Mds USD par an d’ici 2030.
  • Le développement du secteur privé vietnamien.

La Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam

JPEGLa CCIFV est née en 1989 à l’initiative d’hommes d’affaires de Ho Chi Minh Ville. Association de droit local à but non lucratif, la CCIFV appartient au réseau mondial des Chambres de Commerce et d’Industrie France Internatinal (CCI France International) qui réunit 115 chambres dans 85 pays.

Aujourd’hui, la CCIFV regroupe plus de 280 entreprises membres, pour la plupart des filiales de sociétés françaises ou des entreprises créées par des Français au Vietnam, représentant un nombre d’employés cumulé d’environ 65 000 personnes. Ses missions :

  • Animer la communauté d’affaires française au Vietnam en favorisant l’échange d’informations et d’expériences entre ses membres grâce à son réseau ;
  • Promouvoir l’image de la France au Vietnam et faciliter les échanges de biens, services et de capitaux entre ces deux pays ;
  • Soutenir les sociétés françaises à chaque étape de leur projet de développement au Vietnam : les accompagner en phase d’investigation active sur le marché vietnamien en leur proposant un appui concret et des solutions opérationnelles, et ce, en liaison étroite avec les CCI en France, CCI France International et les réseaux animés par les pouvoirs publics français.

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publié le 25/02/2021

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